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Rencontre avec Syl'Batik

Créatrice d'étoffes de Batik, installée à Graulhet (Tarn)

A travers cette interview, écoutez Syl’Batik parler de sa pratique du Batik, de son parcours, de ses inspirations et de ses créations. Un moment unique pour faire connaissance avec cette artisane d’art !

Montage audio réalisé par Nina Rulié. Un grand merci pour son super travail ! 👍
Interview faite par Mathieu de La Virée des Sens.
Musique : Jah Jah Bangs de Quincas Moreira.

Pour retrouver les dates de ses ateliers Batik et réserver en ligne, cliquez ici !

Retranscription écrite de l'interview

Sylvie, tu es créatrice d’étoffes de Batik sous le nom de Syl’Batik, peux-tu nous parler un peu plus de cette technique du Batik ?

Le Batik est une technique ancienne d’impression sur textile initiée en Indonésie et pratiquée dans toute l’Afrique, le Japon et la Chine. On utilise la cire chaude, appliquée au moyen d’un tjanting, d’un tampon ou d’une brosse pour « bloquer » les couleurs, permettant à l’artiste de colorer sélectivement ses motifs.

Le Batik tel que je le pratique est entièrement peint à la main, ce qui permet une plus grande variété de motifs et de coloris.
J’ai développé une technique unique de Batik, presque obsessivement détaillée, où jouent contrastes et transparences.

C’est une passion que je pratique depuis plus de vingt ans et que je décline sous toutes ses formes. Toutes mes créations sont des pièces uniques, entièrement réalisées à la main.
Je travaille sur de grandes pièces de soie, coton ou satin pour créer des œuvres murales, des accessoires ou des vêtements.

Le tissu a cette qualité de permettre de mélanger les couleurs en direct et la cire permet de délimiter les motifs, généralement assez intriqués.
On peut soit sertir, c’est-à-dire appliquer la couleur à l’intérieur du motif ou bien couvrir les motifs avec un jeu de couleurs pour créer des effets de lumière et des contrastes.

La variété de la technique du Batik est infinie et se prête à toutes formes d’interprétations : œuvres décoratives, accessoires, décors, costumes…

Comment en es-tu arrivée à découvrir le Batik ?

J’ai découvert le Batik à Chiapas au Mexique en 1997.
A l’époque, je travaillais par terre sur de grandes pièces de satin, en utilisant lumière et transparence.

Mes Batiks ont participé au Festival de Chamula et quelques mois plus tard, j’ai monté ma première exposition avec la Galeria Mas Medula à Mexico : 8 grands Batiks ont ​​été vendus le premier soir. Il y avait donc passion et motivation !

Est-ce que ces différents travaux et réalisations t’ont marquée ?

Oui bien sûr. Le festival San Juan de Chamula m’a offert la possibilité de présenter mes premiers Batik (très expérimentaux). C’était de larges sculptures. J’avais mis en forme (en fixant le Batik sur une forme grillagée) un dragon, le peyote, Pachamama…, et j’avais ajouté des lumières derrière pour faire comme des lampions géants.

Les transparences même simplement au soleil, prenaient une ampleur fabuleuse.

La galerie Mas Medula m’a permis ensuite d’avoir un aperçu d’ensemble de ces premières créations.

C’était un univers très nouveau, j’ai sauté à pieds joints dans la peinture !

Qu’est-ce que tu faisais quand tu étais en Afrique du Sud et avec qui travaillais-tu ?

J’ai ouvert mon premier atelier Syl’Batik au Cap de Bonne Espérance en 1999 dans un ancien hôpital psychiatrique.

Nous avions une vision de village écologique urbain, une entreprise fabuleuse qui s’est développée organiquement et fonctionne maintenant depuis plus de vingt ans.

Avec Anzu mon compagnon, nous avons intégré un collectif d’artistes locaux. Ensemble nous avons auto-créé 5 expositions sur le thème des éléments, puis autour de la péninsule, notre dernière à Iziko, le Louvre de là-bas (en extérieur).  

En parallèle, je créais avec un couturier Congolais, Lc collection, des pièces plus petites comme des éventails, des foulards, des smart bags, chics et pratiques, ou des vêtements sur mesure.

J’ai commencé à travailler avec Masa Mara, Best Young Designer en 2016 et participé au Carnaval du Cape, aux Escales de Saint-Nazaire et à de nombreuses expositions collectives entre la France et l’Afrique du Sud.

Quelles sont tes plus grosses réussites dans ce métier ?

Elles sont à venir !

Le ballon de 10 mètres de long et 5 de large, que j’ai fabriqué pour le carnaval du Cape m’est apparu comme un grand challenge.
Les pièces de Batik devaient être cousues puis fixées sur la structure du char. La difficulté résidait dans la précision des motifs qui devaient se joindre.

Une jeune stagiaire, Bibiana Pufflerova était en apprentissage avec moi et m’a assistée pendant toute la durée du projet. C’était une fantastique façon d’apprendre pour elle (et pour moi !) et le plaisir de voir notre œuvre illuminée se baladant en musique dans les rues du Cap était intense !

Quelles sont les inspirations qui donnent vie à tes œuvres ?

La formidable nature Africaine et la subtilité des couleurs tarnaises se combinent dans mon travail pour provoquer un sens de “colour-fullness” que j’aime associer avec des transparences.

J’aime voir mes pièces illuminer des intérieurs, habiller hommes et femmes.
J’aime la couleur, par touches, qui s’interpose, joue, se combine et s’harmonise.  

Quelles sont les difficultés du métier ?

C’est un processus intense, un travail d’endurance ! Je créé des pièces de 3 à 4 m que je peins en “laies” superposées, utilisant la cire chaude pour “bloquer” les couleurs successives.

Toutes mes créations sont des pièces uniques, entièrement réalisées à la main. La pièce se créée en plusieurs jours en comptant les temps de réflexion, de séchage, l’application des couches successives…

Les couleurs se superposent et certains effets sont à la minute ! Le mouvement est important. Je tourne constamment autour de la pièce. Je cherche à harmoniser couleurs, motifs et contrastes en œuvres uniques qui éclatent de joie et éclairent intérieurs et quotidien.

Où se trouve l’atelier Syl’Batik ?

Après plusieurs années à voyager entre le Cap et le Tarn, où nous avons intégré un collectif d’artistes et d’artisans, j’ai ouvert mon atelier Syl’Batik à l’uzine, dans une ancienne mégisserie à Graulhet, au sein d’un collectif d’artisans. C’est un lieu propice, un lieu de rencontres, de partages de savoir-faire…, une ruche. J’aurai grand plaisir à vous y accueillir.  

Je travaille en collaboration avec les artistes et tout le tissu associatif Graulhétois à des évènements, festivals et expositions, comme le festival Rues d’été, Dadou en Fête, Travers’art, ProPeace, Les Journées du Patrimoine, La Petite Bruyère…

Graulhet en cœur d’Occitanie est un centre attractif improbable où un Art de Ville s’est créé grâce aux artistes qui s’y sont impliqués.

Est-ce que tu proposes des ateliers ?

Partager ma passion et mon savoir m’est vital : je propose toute l’année des ateliers découvertes  et perfectionnements (sur une ou deux journées), des conférences et des expositions.

J’adore également travailler sur commande et me lancer de nouveaux défis.

Pour voir les dates de mes ateliers et réserver en ligne, c’est par ici.

Pour une commande, écrivez-moi à :   sylbatik@yahoo.com

Pour voir mes créations, rendez-vous sur : Mon profil Instagram

Découvrez aussi mes créations à la vente sur la plateforme Olkos Artisans d’Occitanie.

Peux-tu nous présenter quelques unes de tes œuvres ?

« L’éveil » créée en 2019 : L’œuvre entièrement peinte à la main utilise le mouvement (de larges mouvements de brosse et de pinceaux : cire et couleurs) pour créer une dynamique forte. Un personnage nuageux s’élève hors du chaos. C’est l’autoportrait d’un moment d’éveil, de conscience de choix.

Etoffe de Batik par Syl'Batik - L'éveil

 « La semeuse » :  Ce sont des motifs très fins, répétitifs et qui se sont déclinés en plusieurs couleurs de bleu superposées.
J’aime créer une forme avec des motifs qui se répètent et s’associent.

Etoffe de Batik par Syl'Batik - La semeuse

“Le vagabond des étoiles” de Jack London et “passion Lippi” de Sophie Chauveau étaient mes respirations du moment.

As-tu un dernier mot pour la fin ?

Tout simplement : “Silence is so accurate” de Mark Rothko. (La precision du silence)

Catégories : Batik

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